L’Allemagne et la Suisse viennent en effet d’emprunter sur les marchés à des taux négatifs, c'est-à-dire que les investisseurs ont accepté des rendements légèrement négatifs pour souscrire des obligations de ces deux pays.

Comment faut-il interpréter cela ?

La première réaction est de penser que ces obligations étant devenues des valeurs refuge, les investisseurs se sont bousculés, la demande a largement dépassé l’offre et la conséquence, non souhaitée par les investisseurs, a été la production de taux négatifs en fin d’opération.

C’est une partie de l’explication, qui confirme que les pays en meilleur santé financière bénéficient d’une surprime maximale quand ils émettent leurs obligations d’Etat, ce qui par comparaison, confirme également l’état de déprime ou de sous-prime qu’inspirent les obligations d’Etat des autres pays.

L’autre explication provient aussi probablement du besoin des banques de placer leurs liquidités, nous avons vu qu’elles les replaçaient largement ces dernières semaines auprès de la BCE, ce qui était absurde puisque ces fonds provenaient de cette même BCE, et qu’ils étaient destinés premièrement aux marchés.

La recherche de placements sûrs produit donc les effets suivants !  l’investissement très recherchés auprès des pays bien cotés, quitte à ne rien gagner sur ces obligations, ou bien le retour des capitaux auprès de la BCE.

Il faut relever que dans les deux cas les rendements sont négatifs pour les investisseurs, car la BCE ne rémunèrent que très faiblement les placements, largement au-dessous de 1%, alors qu’elle prête à 1%, et que l’Allemagne et la Suisse vont rémunérer ces obligations négativement.

La crise n’a pas fini de chambouler la logique financière !