La BCE vient de faire une distribution massive de liquidités via un prêt à trois ans au taux de 1% aux banques de la zone euro.

489 milliards d’euros viennent être alloués aux 523 banques de la zone euro, pour une utilisation libre selon le vœu du président de la BCE.

Il est très probable que son souhait est que cet argent serve à financer les obligations d’Etat que les Etats européens émettent régulièrement sur les marchés.

Les taux des obligations d’Etat sont servis sur les marchés actuellement entre 2 et 6%, selon les pays et leur cotation, comment comprendre que la BCE prête à 1% des fonds qui vont être réaffectés dans la foulée à 2 ou 6% auprès des Etats.

La BCE prête aux banques à 1%, pour que les banques prêtent aux Etats de 2% à 6%, la marge restant au bénéfice de la banque.

C’est un moyen pour le moins surprenant de financer le secteur bancaire, et d’enrichir toute la filière banque, mais il faudrait faire le calcul évident du surcoût d’emprunt que cela engendre pour les Etats.

Comme le remboursement des dettes d’Etat est le fait de la collectivité entière, elle est donc bien spoliée par cette marge, qui ne bénéficie qu’à une partie de l’économie, la filière banque.

La réponse des banquiers est de dire que cette marge rémunère leur risque, mais dans les obligations d’Etat il n’y a plus de risque pays dans la mesure où la BCE s’engage comme dernier prêteur.

Cercle vicieux d’endettement des Etats, mais d’enrichissement des banques.