Le ministre des finances allemand, Monsieur Schäuble, vient de dire ce que tout le monde pense depuis les dernières élections grecques, à savoir que la Grèce peut sortir de l’euro et que cela ne serait pas une catastrophe pour l’ensemble de la zone euro.


Nous sommes à présent bien loin des déclarations d’il y a deux à trois ans, sur la nécessité absolue de « sauver la Grèce », de sauver l’euro et la Grèce « à tout prix ».

Le prix commence à être connu et les allemands, qui en prennent la plus grande part, relativisent et minimisent désormais cette éventuelle sortie.

Pourtant, ce sujet étant toujours tabou, personne ne veut prendre d’initiative en premier, c’est pourquoi nous allons assister à des petites phrases qui, parions le, vont devenir de plus en plus courante.

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  • L’avantage d’une sortie de la Grèce de l’euro

Le premier avantage d’une sortie de la Grèce de la zone euro serait de cesser les plans de renflouement à répétition qui dépriment les autres européens.

Pour la Grèce ce serait enfin le moyen de dévaluer fortement sa monnaie, de 50% probablement, pour retrouver de la compétitivité et de l’attractivité touristique.

 

  • La question de la dette

 En sortant de la zone euro, la Grèce tire un trait sur tout remboursement de sa dette, du moins si elle dévalue de 50%, elle demandera au moins 50% de réduction de sa dette.

Ce qui fera très mal aux créanciers publics et privés, mais en même temps beaucoup d’entre eux ne se font plus guère de rêve sur des remboursements complets de leurs engagements.

 

  • Le risque pour la zone euro

Le risque est que cette sortie donne des idées à d’autres, le Portugal par exemple dont l’économie peine de plus en plus avec un euro fort.

L’érosion pourrait alors toucher toute l’Europe du sud à terme, ce qui serait bien sûr un échec flagrant de la monnaie unique.

 

  • Le risque pour l’Allemagne

 Il y a aussi un risque pour l’Allemagne, qui est celui de voir l’euro s’apprécier encore, si la Grèce en sort. Ce qui pour l’Allemagne ne serait pas bon pour ses exportations, mais dans le même temps cette appréciation de l’euro ne serait pour l’instant que marginal, la Grèce ne représentant que 2% du PIB de la zone euro entière.

 L’effet d’appréciation de l’euro jouerait surtout si d’autres pays devaient également en sortir, à la suite de la Grèce.