Décryptage finance : les enjeux financiers en question

11 mai 2012

Une sortie de la Grèce de l'euro envisagée

 

Le ministre des finances allemand, Monsieur Schäuble, vient de dire ce que tout le monde pense depuis les dernières élections grecques, à savoir que la Grèce peut sortir de l’euro et que cela ne serait pas une catastrophe pour l’ensemble de la zone euro.


Nous sommes à présent bien loin des déclarations d’il y a deux à trois ans, sur la nécessité absolue de « sauver la Grèce », de sauver l’euro et la Grèce « à tout prix ».

Le prix commence à être connu et les allemands, qui en prennent la plus grande part, relativisent et minimisent désormais cette éventuelle sortie.

Pourtant, ce sujet étant toujours tabou, personne ne veut prendre d’initiative en premier, c’est pourquoi nous allons assister à des petites phrases qui, parions le, vont devenir de plus en plus courante.

union-monetaire

 

  • L’avantage d’une sortie de la Grèce de l’euro

Le premier avantage d’une sortie de la Grèce de la zone euro serait de cesser les plans de renflouement à répétition qui dépriment les autres européens.

Pour la Grèce ce serait enfin le moyen de dévaluer fortement sa monnaie, de 50% probablement, pour retrouver de la compétitivité et de l’attractivité touristique.

 

  • La question de la dette

 En sortant de la zone euro, la Grèce tire un trait sur tout remboursement de sa dette, du moins si elle dévalue de 50%, elle demandera au moins 50% de réduction de sa dette.

Ce qui fera très mal aux créanciers publics et privés, mais en même temps beaucoup d’entre eux ne se font plus guère de rêve sur des remboursements complets de leurs engagements.

 

  • Le risque pour la zone euro

Le risque est que cette sortie donne des idées à d’autres, le Portugal par exemple dont l’économie peine de plus en plus avec un euro fort.

L’érosion pourrait alors toucher toute l’Europe du sud à terme, ce qui serait bien sûr un échec flagrant de la monnaie unique.

 

  • Le risque pour l’Allemagne

 Il y a aussi un risque pour l’Allemagne, qui est celui de voir l’euro s’apprécier encore, si la Grèce en sort. Ce qui pour l’Allemagne ne serait pas bon pour ses exportations, mais dans le même temps cette appréciation de l’euro ne serait pour l’instant que marginal, la Grèce ne représentant que 2% du PIB de la zone euro entière.

 L’effet d’appréciation de l’euro jouerait surtout si d’autres pays devaient également en sortir, à la suite de la Grèce.


Posté par olivierbu à 10:12 - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
Tags : , , , , , ,


10 mai 2012

Quels enseignements retirer des dernières élections en Grèce ?

Les élections législatives de dimanche dernier en Grèce ont vu l’effondrement des deux partis de gouvernement, c'est-à-dire des deux partis qui se partagent le pouvoir depuis 30 ans et l’émergence de partis de contestation, à l’extrême gauche et  à l’extrême droite.

Partis de contestation car rejetant les engagements pris et signés par les deux « grands partis » envers l’Union Européenne en termes d’austérité budgétaire.
dette

1er enseignement  : désavoeu des signataires des acccords budgétaires

Le premier enseignement est que les signataires des accords budgétaires ont été largement désavoués, ce qui remet en cause leurs signatures et leurs engagements envers les institutions européennes.

L’objectif de verrouiller  toute la classe politique grecque en demandant aux deux partis de gouvernement de signer le plan d’austérité et de remboursement de la dette a complètement échoué.

Il a même probablement accentué le rejet de ces deux partis considérés comme ayant signé un accord d’austérité budgétaire sans en avoir le mandat. 

Cette tentative a bien été perçue par le peuple grec comme une tentative de bloquer toute vie politique en Grèce, au bénéfice d’un remboursement lourd et contraignant de la dette.

 

2ème enseignement : Le manque d'espérance

Le deuxième enseignement à tirer est que ce pays souffre et que le remède prescrit par l’Union Européenne contribue à accentuer le mal, sans espoir visible d’une fin de crise.

La désespérance et la perception d’un horizon bouché ne sont jamais des moyens pour retrouver une stabilité politique et une économie de croissance.

Les dernières déclarations politiques d’un retour à la croissance en 2013 n’ont trompé personne au vu de la récession enregistrée par la banque de Grèce avec -7% de contraction du PIB en 2011 et -5% prévu pour 2012, soit une cinquième année consécutive de récession.  

Aucun grec ne peut croire à la fin de la récession quand aucune des mesures prises ne va dans ce sens, et que le chômage s’est élevé à 17.7% de la population active en 2011 et qu’il est prévu à 19% en 2012.

 

3ème enseignement : L'euro progressivement remis en cause 

Le troisième enseignement est que de moins en moins de grecs croient qu’il leur est bénéfique de rester dans la zone euro, au vu des sacrifices qu’ils doivent consentir pour honorer leur dette, condition absolue de leur maintien dans la zone monétaire.

Ils sont de moins en moins nombreux à penser qu’ils seront capables de rembourser cette dette énorme, qu’on leur prête avec des taux évidemment trop élevés, et qu’ils sont, pour l’instant, bien incapables de pouvoir rembourser.

 

Alors dans ces conditions que faire, rester dans la zone euro ou en sortir ?

Si l’on continue d’attendre cette question ne sera bientôt plus un choix, ni des européens, ni des grecs, mais une réalité qui va reprendre brutalement ses droits, à savoir qu’une monnaie trop forte étouffant un pays trop peu industrialisé, ne peut pas perdurer plus longtemps.

Posté par olivierbu à 11:11 - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
Tags : , , , , , ,
16 mars 2012

D’une union douanière à une union monétaire : processus logique ?

Le processus d’une union douanière qui conduit à une union monétaire est le schéma retenu par l’Union Européenne dès ses débuts.

Il s’agissait de construire un grand marché européen, sans barrières douanières, dans un premier temps, préparant ensuite le passage à une monnaie unique sur cette zone.

La construction politique de type fédéral devait ensuite découler naturellement de ces deux précédentes unions.

Mais ce processus est plutôt unique si on le compare à ce qui ce fait comme union économique dans le reste du monde. union-monetaire

  • L'accord de libre échange USA, Canada, Mexique

Prenons trois exemples, le premier l’ALENA, l’accord de libre échange entre les USA, le Canada et la Mexique. Il s’agit d’une union douanière, c'est-à-dire de la création d’un espace économique commun sans barrières douanières.

Mais l’ALENA est resté au stade de l’union douanière, la question d’une monnaie commune ou unique n’a jamais été envisagé. Chacun des pays membres conservant sa monnaie, et son pouvoir de dévaluation, ce que le Mexique a utilisé à plusieurs reprises en dévaluant son péso.

  •  L'union monétaire scandinave : monnaie commune

Le deuxième exemple, est celui de l’union monétaire scandinave, mis en place en 1873 et supprimé en 1914.

Il s’agissait de fixer une parité entre les trois monnaies de la Norvège, de la Suède et du Danemark, avec une base de change fixée sur l’or.

Dans cette union monétaire scandinave chaque pays conservait sa propre devise, mais le cours de change entre elles était fixe.

C’est une union douanière avec une monnaie commune, et non unique, monnaie commune représentée par un cours fixe des trois devises de chacun des pays.

Cette union monétaire se séparera de façon prévue et organisée en 1914 au  début de la grande guerre.

  •  La coopération économique des pays d'Asie

Le troisième exemple concerne l’ASEAN, coopération économique entre la quasi-totalité aujourd’hui des pays de l’Asie du sud est, fondée en 1967 et étendue à une union douanière en 2002, avec comme but l’abaissement des barrières douanières entre les pays de la zone.

Là encore l’union douanière ne débouche pas sur une union monétaire, chaque pays conservant sa monnaie et la possibilité de la dévaluer ou de la réévaluer en fonction de la conjoncture économique.

  • Des unions douanières et monétaires limitées

Ces différents exemples nous montrent que les unions douanières de libre échange n’ont pas pour but ultime la mise en place d’une monnaie commune ou unique. Et si c’est parfois le cas, comme pour l’union monétaire scandinave, cela peut être sur une période limitée, une quarantaine d’années pour l’union scandinave.

Loin d’être l’aboutissement ultime et logique, la mise en place d’une monnaie unique dans une union douanière parait plutôt une exception.

La mise en place de la monnaie unique dans la zone euro apparait alors plutôt comme un phénomène nouveau, une expérience nouvelle, une innovation monétaire, que certains peuvent désormais considérer comme hasardeuse tant elle est éloignée de la règle pratiquée dans les autres zones douanières du monde.

 

Posté par olivierbu à 10:33 - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
Tags : , , , ,