Les élections législatives de dimanche dernier en Grèce ont vu l’effondrement des deux partis de gouvernement, c'est-à-dire des deux partis qui se partagent le pouvoir depuis 30 ans et l’émergence de partis de contestation, à l’extrême gauche et  à l’extrême droite.

Partis de contestation car rejetant les engagements pris et signés par les deux « grands partis » envers l’Union Européenne en termes d’austérité budgétaire.
dette

1er enseignement  : désavoeu des signataires des acccords budgétaires

Le premier enseignement est que les signataires des accords budgétaires ont été largement désavoués, ce qui remet en cause leurs signatures et leurs engagements envers les institutions européennes.

L’objectif de verrouiller  toute la classe politique grecque en demandant aux deux partis de gouvernement de signer le plan d’austérité et de remboursement de la dette a complètement échoué.

Il a même probablement accentué le rejet de ces deux partis considérés comme ayant signé un accord d’austérité budgétaire sans en avoir le mandat. 

Cette tentative a bien été perçue par le peuple grec comme une tentative de bloquer toute vie politique en Grèce, au bénéfice d’un remboursement lourd et contraignant de la dette.

 

2ème enseignement : Le manque d'espérance

Le deuxième enseignement à tirer est que ce pays souffre et que le remède prescrit par l’Union Européenne contribue à accentuer le mal, sans espoir visible d’une fin de crise.

La désespérance et la perception d’un horizon bouché ne sont jamais des moyens pour retrouver une stabilité politique et une économie de croissance.

Les dernières déclarations politiques d’un retour à la croissance en 2013 n’ont trompé personne au vu de la récession enregistrée par la banque de Grèce avec -7% de contraction du PIB en 2011 et -5% prévu pour 2012, soit une cinquième année consécutive de récession.  

Aucun grec ne peut croire à la fin de la récession quand aucune des mesures prises ne va dans ce sens, et que le chômage s’est élevé à 17.7% de la population active en 2011 et qu’il est prévu à 19% en 2012.

 

3ème enseignement : L'euro progressivement remis en cause 

Le troisième enseignement est que de moins en moins de grecs croient qu’il leur est bénéfique de rester dans la zone euro, au vu des sacrifices qu’ils doivent consentir pour honorer leur dette, condition absolue de leur maintien dans la zone monétaire.

Ils sont de moins en moins nombreux à penser qu’ils seront capables de rembourser cette dette énorme, qu’on leur prête avec des taux évidemment trop élevés, et qu’ils sont, pour l’instant, bien incapables de pouvoir rembourser.

 

Alors dans ces conditions que faire, rester dans la zone euro ou en sortir ?

Si l’on continue d’attendre cette question ne sera bientôt plus un choix, ni des européens, ni des grecs, mais une réalité qui va reprendre brutalement ses droits, à savoir qu’une monnaie trop forte étouffant un pays trop peu industrialisé, ne peut pas perdurer plus longtemps.