Les dernières déclarations du président de l’AMF ont de quoi surprendre, Jean-Pierre Jouyet déclare  «le maintien de la note souveraine française au niveau maximum tiendrait du miracle ». Pourtant, il indique à juste titre, la gravité pour la France de la perte de cette note maximale, triple A.

De la part, d’un responsable de ce niveau dans le monde de la finance française, le recours au miracle est plus que troublant, et dans tous les cas inquiétant.

De son côté, le président Sarkozy et des membres de son gouvernement minimisent, à tord, l’impact d’une dégradation de la note par les agences de notation.

La réalité, c’est l’effet domino qui s’ensuivrait sur toutes les institutions françaises, sur les organismes et établissements de crédit, et mêmes sur les grands groupes français qui se refinancent sur les marchés.

Cela affecterait également, bien sûr, la crédibilité du FESF et du MSF dans sa capacité à agir, puisqu’il était prévu qu’il soit AAA, avec ses deux grands garants France et Allemagne, eux-mêmes AAA.

Mais quid si les deux ou même l’un des deux est dégradé ?

Le maintien de ce AAA est donc plus qu’important, il est capital pour le maintien de la politique européenne actuelle du gouvernement. Si la dégradation est effective le gouvernement devra changer de politique économique rapidement. Mais pour laquelle ?

Le scénario peut-être encore plus noir, si les agences de notation décident de baisser d’un cran l’Allemagne, et de deux crans la France. C’est tout le système financier français qui entrerait en turbulence.

Pour être réaliste, pour la France, le AAA est déjà perdu, la position récente du gouvernement et du président de l’AMF le démontre, peut-être ont-ils déjà d’ailleurs reçu l’information. 

Mais la dégradation directement en AA, sans passer par la note AA+ est aussi une option envisageable par les agences, et un grand risque pour la France.

Les conséquences seraient terribles pour les tentatives de résolutions de la crise de la dette et pour la crédibilité financière française vis-à-vis de ses créanciers.

Pour éviter la dégradation, si le président de l’AMF veut croire au miracle, le gouvernement français doit-il lui croire alors au père Noël ?