Les pays encore triple A de la zone euro, notamment l’Allemagne, la Hollande, la Finlande et le Luxembourg exercent des pressions de plus en plus forte à l’encontre de la Grèce, l’objectif étant de s’assurer de la bonne mise en place des réformes liées à l’aide de 130 milliards qui doit être allouée prochainement au pays.

Cette aide de 130 milliards s’accompagnera d’un abandon de créances privées à hauteur de 100 milliards d’euro, en échange le gouvernement grec doit intensifier les mesures d’austérités budgétaires et surtout il doit rassurer sur la pérennité de ces mesures.

Le premier engagement demandé par la troïka, c'est-à-dire l’Union Européenne, le FMI, et la BCE, est une lettre d’intention des deux chefs des deux principaux partis politiques du pays, s’engageant à respecter le plan de réduction des dépenses publiques s’ils accèdent au pouvoir lors des prochaines élections.

Mais cela semble ne pas suffire aux dirigeants européens qui se posent la question de l’opportunité de reporter les élections législatives prévues en avril prochain. Cette option parait prendre de la crédibilité au sein des créanciers.

Mais si le risque électoral est trop grand, pourquoi alors ne pas supprimer carrément les élections, par exemple jusqu’au remboursement total de la dette !
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Cette absurdité ne semble pas toucher la troïka qui raisonne comme un pur créancier, écrasant tout concept de liberté électoral.

Car si les dirigeants des partis grecs s’engagent par écrit à respecter le plan européen, qu’elle sera leur liberté de manœuvre une fois élus, en résumé aucune, alors effectivement l’option d’une élection n’a plus de sens.

Par ailleurs, la troïka se pose également la question de la mise en place d’un compte bancaire bloqué, c'est-à-dire un compte dédié au remboursement de la dette, qui serait alimenté par les impôts et subventions, mais dont seuls les créanciers en auraient l’usage.

Cela nous rappelle fort les comptes bloqués des entreprises sous procédure dont les dirigeants ne peuvent plus faire de chèque, et dont l’entreprise est gérée par un administrateur judiciaire.

Mais la Grèce n’a pas le choix, avant le 20 mars 2012, elle doit trouver 15 milliards d’euros pour faire face à ses échéances de dettes, or elle ne les a pas et devra puiser dans les aides à venir.

La perte de souveraineté de la Grèce semble désormais bien actée, plus de choix budgétaire, plus de choix monétaire, et maintenant plus de choix politique, ni électoral.

Au fait qu’en pensent les grecs ? Nous ne le saurons pas, les élections pouvant être reportées en 2013 !

Alors, le rêve européen des élites semble bien devenir le cauchemar des peuples, du moins du peuple grec !