L’Allemagne, par la voix de sa chancelière, vient d’émettre l’idée de mettre sous tutelle budgétaire la Grèce, c'est-à-dire de mettre en place un contrôle des dépenses de l’Etat grec par un commissaire européen au budget, avec un droit de veto sur les dépenses jugées non conforme à la rigueur à laquelle est soumis le pays.

Cette proposition soulève bien évidemment un tollé, et les réactions sont extrêmement négatives du côté grec, mais aussi du côté des autres pays européens.

Pourtant, est-ce vraiment une surprise que cette proposition allemande ?

A vrai dire, cela ne parait pas vraiment surprenant que l’Allemagne commence à émettre des réactions sur la résolution de la crise de la dette.

Depuis plusieurs mois en effet, tous les acteurs politiques et économiques engagés dans la résolution de la crise grecque poussent l’Allemagne à un engagement plus profond, au niveau du FESF, et maintenant du MES, qui entrera en vigueur cet été.

Madame Lagarde, directrice du FMI, encore récemment encourageait Berlin à augmenter sa participation dans le FESF et le MES.

Le maintien du triple A pour l’Allemagne, de surcroit, presqu’une mauvaise nouvelle finalement, de ce point de vue là, pousse l’Allemagne à avoir un rôle accru dans la stabilité de la zone euro.

Alors en réaction, et fort logiquement, l’Allemagne indique bien vouloir contribuer d’avantage mais à ses conditions. C'est-à-dire, d’accord le gouvernement allemand va demander une contribution accrue aux contribuables allemands, mais en échange, le gouvernement allemand s’engage à contrôler, par la nomination d’un commissaire européen,  la rigueur budgétaire du gouvernement grec.

C’est une mauvaise surprise pour la mauvaise gestion du gouvernement grec, mais pas du tout surprenant dans le cadre d’une gestion de budgets fédéralisés.