Madame Lagarde, lors d’un discours à Berlin, vient de déclarer que le MES, le Mécanisme Européen de Stabilité, devait voir sa dotation augmenter de 500 milliards d’euros pour atteindre 1 000 Milliards d’euros.

La raison qu’elle avance est que les besoins de ce fonds vont être amenés à augmenter fortement prochainement et qu’il est donc utile dès à présent de la prévoir et de faire croitre sa dotation.
lagarde

Madame Lagarde évoque, à regret, que des pays comme l’Espagne et l’Italie aient des problèmes à emprunter alors qu’ils sont en capacité de rembourser leurs dettes.

De plus, elle souhaite la création d’euro-obligations, reprenant en cela la position française précédemment défendue par le Président Sarkozy.

La réponse de la chancelière allemande, Madame Merkel a été, comme il était prévisible, un double refus.

La question qu’il faut se poser est pourquoi faudrait-il augmenter les capacités du MES, alors qu’il n’entrera en vigueur que cet été ? Faudrait-il qu’il prenne le relais à cette date des banques pour la souscription des obligations d’Etat.

Madame Lagarde anticiperait-elle un retrait des banques pour les emprunts d’Etat, ou bien la non reconduction de l’injection massive de liquidités réalisée dernièrement par la BCE ?

Les 500 milliards d’euros mis à disposition par les BCE auprès des banques européennes servira probablement à financer les dettes des Etats jusqu’à l’été, et ensuite le MES aurait en charge d’assurer la suite des financements, alors oui cela explique d’augmenter de 500 milliards ce fonds.
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Mais cela implique aussi que ce sont les Etats, fournisseurs du fonds, qui financeront la dette européenne.

Et là on comprend mieux le refus allemand !

Pour les euro-obligations, la mutualisation des obligations n’avantage que les pays ayant une problématique pour se refinancer et, bien sûr, désavantage les autres.

Là encore, le refus allemand est logique !